Mythes et réalités

"Les personnes concernées ne demanderont jamais de l'aide."

C’est vrai pour certaines personnes qui sont inatteignables, par exemple parce qu’elles prétendent que les contacts sexuels avec les enfants ne sont pas néfastes ou parce qu’elles n’ont pas de capacité d’empathie.

Par contre, si l’on se réfère aux structures déjà actives, comme Stop It Now ! en Angleterre ou Dunkelfeld en Allemagne, chaque année des centaines personnes n’étant jamais passées à l’acte cherchent spontanément de l’aide.

"Toute personne ayant des pensées concernant des relations sexuelles avec des enfants est à risque de passage à l’acte."

Un grand nombre de personnes ayant des attirances, des fantasmes ou des pulsions sexuelles concernant des enfants ne passeront jamais à l’acte. Ces personnes disposent de ressources personnelles suffisantes (sens de responsabilité, capacité à prendre en compte l’intérêt de l’enfant et de respecter son intégrité, etc.) pour ne pas envisager d’impliquer sexuellement un enfant dans leurs relations.

Si ces ressources personnelles font défaut, la personne peut effectivement être considérée comme à risque, puisque l’absence d’un passage à l’acte n’est pas le fruit d’un choix assumé mais le résultat de facteurs indépendants de leur volonté (inhibition relationnelle, peur de la prison et de l’exclusion, peur des conséquences juridiques et sociales, peur de perdre son travail, etc.).

"Les personnes concernées sont des marginaux et ont un certain âge"

Parmi les personnes concernées il y a des personnes de tous les âges (dont beaucoup d’adolescents), de tous les milieux sociaux.

"Un homme qui a été victime d’abus sexuels dans son enfance va reproduire ces actes sur d’autres enfants."

Faux. La plupart des victimes ne reproduit pas les abus subis. Par contre, la peur que le stéréotype de l’abusé-abuseur se réalise constitue pour nombreuses ex-victimes un questionnement récurrent, une souffrance et une angoisse.

"Une femme ne peut pas éprouver ce type d'attirances"

Bien que ce thème soit encore méconnu, des femmes peuvent aussi être préoccupées par ces pensées, comme le révèlent certains témoignages.

"Certains fantasmes sont punissables"

« Vous n’êtes pas responsable de vos fantasmes, et aucun fantasme n’est interdit par la loi. Vous êtes par contre responsable de vos choix et de vos actions » (Source: Pedo.Help)

"Certains enfants recherchent des contacts sexuels."

« Un enfant ne peut jamais avoir envie d’une relation sexuelle, parce qu’il ne dispose pas encore des capacités psychologiques ou physiologiques pour vivre une expérience sexuelle en toute conscience et en toute connaissance. Il peut dire à un adolescent ou à un adulte qu’il en a envie ou ne pas oser lui dire non pour lui faire plaisir, mais cela n’est jamais le désir de l’enfant.

Quand un adolescent ou un adulte lui propose un acte sexuel, l’enfant ne sait pas de quoi il s’agit, ni si cela est bon ou mauvais pour lui. Il est trop jeune pour le savoir et ne peut pas dire oui ou non à quelque chose dont il ignore tout. Il peut être curieux, mais cela ne signifie jamais qu’il est d’accord. Chaque chose en son temps : il découvrira la sexualité avec quelqu’un de son âge, lorsqu’il sera plus grand. » (Source: Pedo.Help)

"L'initiation d'un enfant à la sexualité, si faite sans violence, peut être bénéfique."

« Ne vous laissez pas tromper par vos désirs : aucun enfant n’a envie d’avoir des relations sexuelles. Aucun. Jamais. Il peut vous dire qu’il en a envie, ne pas oser refuser, pour vous faire plaisir ou venir vous solliciter sexuellement parce qu’il a vécu quelque-chose qui l’a troublé. Votre devoir d’adulte ou d’adolescent, c’est de répondre à cet enfant que les relations sexuelles ou amoureuses avec un enfant sont interdites, car elles font du mal aux enfants qui ne savent pas vraiment ce qu’ils font. » (Source: Pedo.Help)

"En consultant des sites pédopornographiques, je ne fais aucun mal à un enfant réel"

C’est ce que de nombreux consommateurs se disent pour justifier leur comportement et se donner bonne conscience. En réalité, la production de matériel pédopornographique implique l’abus sexuel d’enfants, indépendamment du fait qu’ils apparaissent souffrants ou non sur ces images. La pédopornographie est un marché lucratif, qui répond à une demande. Le fait d’en consommer, même sans transaction financière, amplifie cette demande et en encourage la production.

De plus, le fait que ces images soient mises en circulation sur internet, où il devient impossible d’en contrôler la diffusion, représente une deuxième victimisation pour les enfants abusés.

"Regarder sans télécharger du matériel pédopornographique n'est pas condamnable."

Faux. Depuis le 1er juillet 2014, la consommation d’images pornographiques mettant en scène des enfants est punissable même sans téléchargement. Cette interdiction concerne tant les représentations d’actes d’ordre sexuel effectives que non effectives (dessins, mangas, BD).

Consulter l’art. 197, al. 5 du Code pénal suisse.