- Julie* – « Je passe mon temps à me « tester » »
Bonjour à toutes, Je me tourne vers vous car j'ai l'impression que je ne vais jamais m'en sortir. J'ai accouché il y a 8 mois de ma fille. Je suis d'un naturel assez angoissée, et cela était encore pire pendant ma grossesse. J'avais constamment peur de perdre mon bébé, j'imaginais tous les scénarios catastrophe. [...] Et puis, depuis octobre, alors que ma fille dormait dans son transat, j'ai soudain eu peur d'être pédophile/incestueuse. Cela m'a fait très peur, j'en ai parlé à mon mari le soir. On a pensé que ça partirait vite. [...] Depuis ça ne me quitte pas, et je passe mon temps à me "tester". Du coup, à force de tout le temps amener ces idées pour me tester, maintenant elles sont terriblement présentes, comme des réflexes. Par exemple, je vais prendre ma fille dans mes bras, et je vais me demander si je suis attirée par elle. Mais je n'arrive jamais à savoir si c'est le cas ou non. Je fais la même chose quand je vois d'autres enfants. J'imagine des scènes atroces, je me demande si ça m'excite... c'est horrible. Il est même arrivé à force, que je ressente une sorte d'excitation. Je voyais une psy pendant ma grossesse, et nous faisons des séances par téléphone. Pour elle, aucun doute, je ne suis pas pédophile, ni incestueuse et c'est mon angoisse d'être une mauvaise mère, incapable de protéger sa fille, qui s'exprime de cette manière. [...] Elle dit que ces angoisses sont tellement fortes qu'elles induisent ces images, et me font croire que je suis excitée/attirée par ma fille. Mais malgré ce raisonnement sensé, je reste terrifiée d'être attirée par ma fille ou d'autres enfants (en plus, je ne travaille plus, mais je bossais avec des enfants). Quand je suis lucide, je trouve ça ridicule, mais parfois mes peurs prennent le dessus. [...]

Source : maman-blues.fr (consulté le 28.06.2016)
- Coriande* – « Carte sur table: je suis pédophile… »
Bon. Sujet épineux. N’est-ce pas? J’aimerais commencer ainsi: Je n’ai jamais violé, agressé, attoucher de manière inappropriée d’enfants. Certes, j’aime leur présence sur mes genous, et je suis populaire auprès d’eux aussi: j’ai un coeur d’enfant. J’aime trop les enfants pour les voir souffrir toute leur vie, et je suis désolée de voir toute les victimes que fais la maladie dont je suis souffrante. Parce que oui, c’est une maladie. Personne ne décide d’être comme ça. Croyez-moi, je voudrais plus que tout autre chose ne pas être comme moi. Je me dégoûte, j’ai horreur de moi même, je m’endors souvent en larmes en réfléchissant à la malédiction qu’on m’a affligé. C’est plus fort que moi. D’autant plus que chez moi, les traitements pour pédophiles sont gratuits….pour les hommes seulement. Comble de malheur, je suis aussi une femme – et une femme pédophile, ça n’existe tout simplement pas. Seul mon copain est au courant, et quand je lui en ai glissé un mot, il m’a rit au nez. Oui, il pensait que je blaguais! Qu’est-ce que je viens chercher ici? Honnêtement, je ne sais pas vraiment. […]

Source: www.centreaide.com – Consulté le 07.05.2014
- Katy*, 24 – « Comment puis-je trouver de l’aide? »
Je suis une femme de 24 ans et je vis en Afrique du Sud. Je suis certainement pédophile. Je n’ai jamais fait du mal ni touché un enfant, et je ne le ferai jamais, mais je dois combattre pour me réfreiner d’aller lire des histoires pédophiles online… Je ne veux enfreindre aucune loi, je suis terrifiée à l’idée que quelqu’un découvre que je suis pédophile. Cela me dégoûte d’être excitée par ce genre de choses. Comment puis-je trouver de l’aide ? Que dois-je faire ? On dirait qu’il y a de l’aide aux Etats-Unis, Canada et Allemagne, mais je ne vis même pas dans ou près d’une ville.

Source: virped.org – consulté le 09.01.2014 – Traduit de l’anglais
- Katia* – mère et ex-victime – La peur de reproduire l’inceste
A un moment donné, Katia s’est mise à penser que son mari pouvait avoir un comportement incestueux lorsqu’elle n’était pas là, quand c’est lui qui s’occupait des enfants. Puis soudain, l’horreur est apparue en elle: ce n’était pas lui qui était susceptible de violer leurs enfants, mais elle. Cette certitude l’a traversée de haut en bas. Elle n’a rien dit. Elle s’est juste recroquevillée plus profondément dans le fauteuil, et, dès ce jour, elle a passé plusieurs années de galère, de doute, d’horreur, de dégoût. Petit à petit, cette peur s’est transformée en obsession. Elle ne vivait la relation avec ses enfants qu’à travers ce regard qu’elle portait sur elle: une violeuse potentielle. Il lui était difficile de regarder sa fille, surtout lorsqu’elle était nue, ou lorsqu’elle devait la changer. Elle était très mal à l’aise à la vue de son sexe ou de son torse. Son regard était attiré par ses parties génitales, elle ne pouvait en détacher les yeux. Elle en ressentait de la curiosité, du dégoût, de l’incompréhension. Elle vivait la même chose avec son fils. A ce moment-là, Katia ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Pourquoi, elle vivait cela? Pourquoi cette « attirance »? Elle éprouvait à son égard beaucoup de culpabilité, de honte, de jugement. Elle se détestait d’avoir de telles pensées obsédantes. Mais elle n’avait aucune explication, si ce n’est celle qu’elle était une malade perverse. Elle n’osait en parler à personne: la honte était bien trop importante. […]

Source: Isabelle Aubry & Sandrine Apers (2009). Association Internationale des Victimes de l’Inceste. Etre parent après l’inceste. L’inceste, quand les victimes en parlent!, Paris: Editions J.Lyon, pp. 160-161.
- Jen*, 20 ans – « Je parlais d’autre chose, sans jamais aller à la vraie source… »
Salut, je suis pédophile. Ceci a été si difficile à écrire, c’est incroyable. Je le sais depuis que j’ai 12 ou 13 ans. Je n’en ai jamais parlé à personne. Mon attirance concerne les petites filles de 3 ans. Je n’ai jamais fait du mal à un enfant et c’est la dernière chose au monde que j’envisage, en absolu. Actuellement j’ai 20 ans. Cette attirance a détruit ma vie jusque là. …Je suis très bien avec les enfants et j’adore être avec eux. Tout le monde le dit. Je voulais travailler dans l’enseignement. Mais derrière tout ça il y a toujours eu cette attirance qui se manifeste, de façon inattendue. J’essaye de l’enterrer et ça marche pendant quelques semaines, mais après ça revient avec force, et je me sens encore pire. C’est pourquoi j’ai arrêté ma formation dans le préscolaire, et je n’ai même pas pu expliquer aux autres pourquoi. Ils m’encouragent encore à retourner dans le domaine, et ça, c’est si dur. Je déprime depuis que j’ai 15 ans et que j’ai commencé à m’intéresser à la sexualité. Je sentais que je ne pouvais pas en parler, et je parlais d’autre chose sans jamais aller à la vraie source du problème. J’ai des pensées suicidaires depuis longtemps. J’ai juste envie d’en parler à quelqu’un de compréhensif, sans peur. Je ne sais pas quoi faire d’autre. Une chose que j’ai remarqué sur ce site est qu’il se focalise sur les hommes. Je suis une fille.

Source: virped.org – consulté le 09.01.2014 – Traduit de l’anglais